Un projet viti-vini-cole

Un secret bien gardé

Ou ne pas se fier aux apparences….

 

 

 

Un collectif de résidents de Port Coter (Locmaria) nous a alertés sur un projet qui concerne particulièrement leur environnement immédiat.

 

L’investisseur est Christian Latouche, fondateur de Fiducial, « des solutions pour toutes les entreprises »,  groupe international  (80 pays  17500 collaborateurs) propriétaire, entre autres, d’un domaine viticole en Provence, et de l’île Boëdic, dans le golfe du Morbihan.

Il possède par ailleurs des vignobles le Roucas d’Eygalières, la Genestière Chateauneuf du pape, domaine des terres blanche, les Ramières ,  SCEA du Mas de La Vallongue à Eygallières (Bouches-du-Rhône) dont la vocation touristique est vantée par Tripadvisor …(VOIR LES INFOS Sur wikipedia) Il a créé la SCEA des Vignes de Kerdonis en 2017.

 

De la vigne à BI pourquoi pas ?

 

On ne peut qu'approuver et souhaiter des modèles d’exploitation de taille raisonnable, avec des cépages adapté à Belle-Ile, utilisant des terrains agricoles, des flancs de vallons exposés au sud et protégés des vents (par l’autre versant). Et émanant de volontés locales pour faire vivre des insulaires. (Cf Arnaud Heurtebise Steredenn ar mor  atelier.arnaud.heurtebise@gmail.com) 

 

Belle-ile a besoin d’un renouveau intelligent de son agriculture.

 

Mais le projet Latouche interroge

 

On peut d’abord se demander pourquoi le secret a été si bien gardé depuis trois ans

Des élus interrogés ont affirmé au Collectif qu’ils n’étaient pas au courant.

 

À l'examen ce projet ne semble pas tout à fait "agricole" : on pense plutôt à un projet touristique « masqué » en projet agricole « BIO », en gestation très discrète depuis 2017 

 

 

Une recette *****

toute simple et bien connue hélas pour transformer un simple projet agricole en projet (oeno)touristique de grande envergure

 

1 On achète des terrains – avec vue sur mer – en zone Ns protégée pour un prix dérisoire (puisqu’on ne peut rien construire)

2 On demande une autorisation environnementale pour « modification de site classé »…  dans le but de réaliser un projet de culture intensive de vignes sur des parcelles classées Ns (comme s’il n’y avait pas assez de terrains agricoles dans l’île !!!)

3 Par miracle on réussit à obtenir cette autorisation.

4 Dans un premier temps pour n’affoler personne on installe des vignes sur des terrains agricoles et on utilise un hangar existant. Plus tard, on construit dans les sites naturels avec vue mer d’autres bâtiments aménagés pour des activités oenotouristiques : « l’accueil » des visiteurs, des activités à but « pédagogique » y compris salles de séminaires… etc (les autres exploitations de Monsieur Latouche sont ainsi équipées) avec vue sur mer !

5 Un beau jour… pour des raisons qui peuvent être imaginées, on demande un « changement de destination » susceptible d’être autorisé en zone N par un règlement trop imprécis : créer des hébergements hôteliers.

6 Et voilà de jolies résidences d’été avec vue imprenable sur mer…

Et une superbe affaire financière.

CQFD

On comprend pourquoi on achète du terrain en zone protégée avec vue imprenable sur l’horizon (et les éoliennes flottantes en prime ??)

 

Les premières parcelles concernées se situent

à Kerouarh (ZL4), Kerdonis (ZN48), Port Coter (ZS123. ZS10)

 

 

1•Il s’agit d’un projet qui veut s’installer principalement en zone naturelle (Ns au PLU) totalement protégée et non en zone agricole

Toutes les parcelles sauf Kerouarch (zone A au PLU ) sont en zone Ns

Règlement du PLU sur les zones  Ns : elles  délimitent « les espaces naturels sensibles et les sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques ou présentant un intérêt écologique »

 

En 2017 M. Latouche fait une demande de « Plantation de vignes sur différentes parcelles pour un objectif de surface de l'ordre de 20 ha. »  

Dans le document Cerfa rempli et signé le 22/12/17 qui s’appelle « Demande d’examen au cas par cas préalable à la réalisation éventuelle d’une évaluation environnementale » on lit

 

a/ Objet :  « Plantation de vignes sur différentes parcelles pour un objectif de surface de l'ordre de 20 ha. »

« La commune de Locmaria est favorisée du fait des zones de coteaux exposés plein sud et en déprise agricole alors que le plateau central de l'île est fortement exploité par les agriculteurs locaux et moins intéressant pour la culture de la vigne. » (NB Mais les recherches s’étendront sur Sauzon et Bangor)

- « Accord de vente pour 7,1 ha, collaboration avec le CPIE (étude des cépages), vin biologique (2 à 3 traitements Cuivre et Soufre/an), 6 emplois, 3000 à 4000 pieds/ha, 4/5ha par an, palissage en lyre poteaux de 1,60 m. »

-Aspects pédagogiques (réhabilitation des terrasses de Port Coter avec ouverture au public, travail avec la Société historique sur histoire de la vigne).

 

b/ « Aménagement de locaux adaptés disposant des équipements nécessaires à la production du vin. Le projet nécessite l’accès à un bâtiment d’exploitation (chaine d’embouteillage, cave et stockage) d’une surface approximative de 500 à 800m2. A ce jour, le choix de la localisation de ce bâtiment n’est pas encore fait. »

 

c/ « Création de chemins d’exploitation » (Port coter et Kerouarh)

 

2•Les accords de vente concernent 7,1 ha à Locmaria -  3 des 4 parcelles bénéficient d’une vue sur mer

 L’« étude paysagère » de 57 pages figurant dans le dossier de 2017 donne les chiffres suivants ; (NB leur somme ne correspond pas à 7,1 ha ?)

Port Coter       parcelle ZS123.  3 ha dont 2,6 plantés, 20 rangs

parcelle ZS10.   1 ha   dont 0,9 ha plantés 15 rangs

Kerdonis         parcelle ZN 48. 0,9 ha dont 0,9 ha plantés   22 rangs

Kerouarh        parcelle ZL4      4,3 ha  1,6 ha plantés 24 rangs

Je note que curieusement une habitante de Locmaria qui possédait le coteau au-dessus de Port Blanc (avec vue sur mer) avait été contactée par une personne se réclamant de la Mairie de Locmaria et lui proposant d’acheter son terrain, ce qu’elle a refusé.

 

3• Des agrandissements considérables sont projetés sur chaque site (ils figurent sur des cartes de l’étude paysagère fournie dans le dossier )

Port Coter  Le périmètre pourrait être étendu aux parcelles ZS 57 à 62, 87 à 89, ZS 121 et ZS 8 et 9.

Kerdonis.  Le périmètre pourrait être étendu aux parcelles ZN47, ZN45, ZN278, ZN54, ZN55 et ZN56.

Kerouarh Le périmètre pourrait être agrandi à ZL5, ZL6 et ZL7 qui longent la route vers le village

Ces agrandissements représentent des surfaces très importantes avec vue sur mer (Port Coter et Kerdonis)

 On arriverait largement à 20 ha : Port Coter en particulier serait totalement cerné par les vignobles

 

NB Les hameaux de Port Coter, Kerdonis et Magouric sont classés en N dans le projet de PLU (non encore approuvé par le Conseil municipal)

4•Une évaluation des incidences Natura 2000 établie par les soins du demandeur est annexée au dossier de demande

Elle conclut, ce qui n’étonne pas

 « Au regard de l’analyse des incidences, le projet de développement d’un vignoble à Belle-Ile-en-Mer sur les parcelles retenues, n’aura pas d’incidences dommageables significatives sur les habitats et espèces concernés et n’est pas de nature à porter atteinte à l’état de conservation des habitats, espèces et habitats d’espèces ayant justifié la désignation des sites Natura 2000 »

 

Pour information : Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels de l’Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale par la faune et la flore exceptionnelles qu’ils contiennent. Le classement en zone Natura 2000 a pour but de maintenir la diversité biologique des milieux. C’est l’élément fondamental de protection de Belle-Ile. Il est donc impensable et d’ailleurs quasi impossible de déclasser des surfaces qui se trouvent à l’intérieur de la zone qui a été soigneusement délimitée par le comité de pilotage du site sous la direction de Julien Froger.

 

 

4•L’autorité environnementale qui a examiné la demande de 2017 recense les diverses protections pour chaque parcelle et prend en compte le projet d’agrandissement à 20 ha

 

- pour les quatre parcelles identifiées, en partie au sein de la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type I « Côte exposée de Belle-Île de la pointe du cardinal à la pointe de Kerdonis » et de type II « Belle-Île-en-Mer »,

 

- pour trois parcelles, (2 à Port Coter et 1 à Kerdonis) au sein du site Natura 2000 ZSC FR5300032 « Belle-Île-en-Mer » ,

- pour une parcelle, (Kerdonis) au sein du site classé « Site côtier et DPM correspondant » et pour une autre au sein du site inscrit « Zone côtière, récifs, îles, archipels »,

 

- pour une parcelle, (Kerdonis) au sein du périmètre de protection du monument historique inscrit « le Réduit de La Biche », et pour une autre au sein du périmètre de protection du monument historique inscrit « la Tour-modèle de Port Andro »,

 

- pour deux parcelles, (Port Coter et Kerouarh) en partie en zone humide (mégaphorbiaies, saulaies), étant noté que, selon le formulaire, ces zones humides ne feront pas l’objet de plantation de vignes et seront conservées en l’état,

 

- pour les quatre parcelles identifiées, occupés par de la végétation qui devra être supprimée,

 

- étant noté, d’une manière générale, que les enjeux listés ci-dessus ne concernent que les parcelles qui ont été identifiées à ce stade, les terrains qui seront identifiés ultérieurement peuvent être concernés par d’autres zonages environnementaux ou milieux d’intérêt,

 

L’autorité environnementale considère en conséquence qu’il y aurait « risque de perturbations, dégradations, destruction de la biodiversité existante ». Et en zone Natura 2000 « une incidence sur des espèces déterminantes de la ZNIEFF 2 ET 1 »

Elle décide le 28/02/18 que « le projet doit être soumis à évaluation environnementale ».

 

Il est en effet évident que si des vrais projets d’implantation de vignobles sont toujours à tenter, en aucun cas cette implantation ne doit se faire sur des parcelles situées en zone Ns protégée. D’ailleurs il est reconnu que tout déclassement d’une zone Ns (ex NDs dans les POS) – par exemple pour en faire une zone agricole est en pratique inacceptable, car remet en question toutes les protections de la zone.

 

 

Nos questions (pas si naïves que cela !)

 

1•Pourquoi avoir jeté son dévolu sur des parcelles situées en zone naturelle hautement protégée et non sur des parcelles classées A(gricoles) ?

Un projet agricole doit utiliser des terrains agricoles.

 Les PLU ont déterminé avec soin les terrains agricoles et il y a assez de choix pour que M. Latouche trouve son bonheur! Quant aux espaces naturels, ils doivent rester tels.

 

Or le projet porte justement sur des terrains totalement protégés dont la plupart avec vue sur mer,

Les terrains en zone naturelle – qui ont pratiquement tous par définition une belle vue sur mer sont évidemment très bon marché.

Mais si on demande un déclassement tout change…. c’est le jack pot à venir.

 

2•Pourquoi avoir jeté son dévolu sur des parcelles avec vue mer ?

Voilà qui est étrange : comme si la vigne avait besoin de la vue sur mer pour mieux pousser ! (au contraire….)

Et d’emblée on a prévu (sans savoir si l’expérience va réussir) des agrandissements pour couvrir 20 ha :  quand on regarde les cartes fournies on voit que les 7 premiers ha achetés à Locmaria sont susceptibles d’agrandissements énormes sur place toujours avec vue mer voire encore plus près, et dont la surface totale couvrirait à peu de chose près les 20 ha (cf cartes). Et il est annoncé en outre des prospections sur Bangor et Sauzon !

 

Mais on espère construire des beaux « hangars » (pour vinifier mais aussi - c’est prévu dans le document Cerfa  - pour accueillir des visiteurs et mener des « activités pédagogiques ») – leur emplacement (500 à 800 m2) n’est pas précisé dans le projet… mais le choix de l’emplacement peut être influencé par les  « aspects pédagogiques (visite du public, travail sur histoire de la vigne) :  il est clair que c’est mieux avec vue sur mer !

 

Si on consulte les sites internet les autres exploitations de Monsieur Latouche (sites internet) – on imagine aisément ici des constructions en dur - pardon des « hangars agricoles » - destinées à « l’accueil » des visiteurs s’élevant dans des zones protégées.

Rappel : le projet de règlement du PLU pour les zones N (naturelles)qui doit encore être approuvé précise

« En Secteur N sont autorisés

Le changement de destination d’un bâtiment repéré au document graphique en vue d’autoriser des occupations ou utilisations non directement liées à la destination de la zone :

-si le bâtiment justifie d’un intérêt architectural, historique ou patrimonial reconnu et sous réserve d’une parfaite intégration et mise en valeur du bâtiment,

-ou si le bâtiment s’insère dans un environnement bâti existant et si, de par sa situation, il n’est pas de nature à porter atteinte au caractère des constructions voisines ». 

Or il semblerait que des agriculteurs auraient été contactés pour des hangars agricoles.

 

Il n’est pas à exclure que profitant d’une imprécision de la réglementation de la zone N, on demande à terme un changement de destination de certains de ces hangars « agricoles » pour une création de logements ou d’un hébergement hôtelier.

 

Sur ce point la réglementation du projet de PLU soumis à enquête ne précisait pas si la disposition ne concernait que les hangars existants à la date d’approbation du PLU. Ce point avait été soulevé par beaucoup de participants à l’enquête inquiets de la possibilité de construction de structures hôtelières dans des hangars créés  sur des terrains de zone N (Naturelle)

*on note avec satisfaction la prudence de la commission d’enquête du PLU qui tenant compte des remarques recommande de « Réexaminer les changements de destination identifiés au PLU afin de ne retenir que les bâtiments agricoles patrimoniaux. Compléter ce recensement et le comptabiliser dans le calcul du nombre de logements à créer. »

Il est important -essentiel même - que le PLU de Locmaria intègre bien cette disposition recommandée, avant son approbation.…

 

Et voilà comment on peut utiliser une réglement ation toute récente pour tenter d’édifier en toute légalité un complexe à vocation touristique avec vue imprenable sur mer…

Une superbe affaire financière

CQFD

 

On a compris pourquoi, au lieu d’acheter des terrains agricoles sur des flancs bien exposés de vallons, on préfère acheter du terrain en zone protégée avec vue imprenable sur l’horizon (et les éoliennes flottantes - attraction touristique en prime ??)

 

Dernière question à laquelle nous n’osons pas répondre : Que deviennent les Bellîlois dans ces schémas purement financiers ? On peut se poser la question de l’embauche d’une main-d’œuvre saisonnière à bas coût de travailleurs détachés…

 

Le projet Latouche est manifestement un projet agrotouristique sur 20 hectares, un « coup » financier, selon une recette ***** connue (cf page d’accueil), mené par un professionnel de l’investissement rentable et dont les bénéfices serviraient les actionnaires de la société,

 

Belle-Ile : un territoire à conquérir

 

Belle-Ile tend de plus en plus à devenir un territoire à conquérir dont l’image permet de créer du profit, un boboland à exploiter jusqu’à plus soif (et ils ont très soif) avec des regroupements bobollilois qui trouvent cela très bien moyennant bien sûr un petit geste pour ces pauvres insulaires nécessiteux et la précaution de ne faire de peine à personne.

 

Ce projet constitue à l’évidence une tentative de mainmise sur Belle-Ile pour réaliser une pure affaire financière sur un site de plus en plus prisé. C. Latouche n’est d’ailleurs pas le seul investisseur attiré par la perspective de profits exceptionnels.

 

On retrouve là, à grande échelle, le procédé des exploiteurs de l'île : ils sont venus d'ailleurs pour la vendre à des gens venus d'ailleurs avec, moyennant quelques miettes - ou peut-être davantage - la bénédiction sans doute (?) naïve de quelques autochtones ou assimilés. 

 

 

C’est sans doute tout ce que souhaitent quelques bonnes âmes qui comme leurs ancêtres (?) se régalent actuellement d’une belle grappe de raisin de leur jardin et qui donc - sans regarder plus loin que le bout dudit jardin et peut-être avec des motivations qui se situent parfois bien loin de l’avenir de l’ïle  - soutiennent avec tant de force le projet Latouche qu’ils se sentent obligés de « détruire » odieusement l’image des gens qui OSENT s’inquiéter de cette nouvelle étape de néocolonisation de Belle-Ile.

 

Gerveur da Viken apporte - comme d’autres associations -  son entier soutien à l’association  « Les Bruyères vagabondes »

Ce projet Latouche est aux antipodes de ce que nous souhaitons tous pour l’île.

 

Il est clair que nous souhaitons que Belle-Ile soit une terre agricole mais avec des exploitations créées et tenues par des Bellilois.

 

Un geste de mécénat de la part de Monsieur Latouche aurait été apprécié pour les soutenir. Plutôt que sa tentative de plaquer sur Belle-Ile une structure de profit. 

 

 

 

ET MAINTENANT

Quelques observations complémentaires ….

 

1 Il s’agit d’un type de culture intensive

(contribuant à l’artificialisation des sols (en zones protégées : Naturelles, Natura 2000, sites classés, ZNIEFF) et qui constitue une atteinte à la biodiversité de l’île.)

 

Or le projet agricole de la CCBI (PAEC) énonce un principe fondamental :

DES PRATIQUES TRADITIONNELLEMENT EXTENSIVES

L’espace limité du territoire n’a jamais permis l’installation d’une agriculture intensive à l’image du continent (cf le site de la CCBI)

 

 

2 Et il ne faut pas passer sous silence la nécessité (non envisagée dans l’étude) de prendre des mesures de protection des récoltes

Contre les embruns salés qui traversent l’île au cours des tempêtes

Contre les (gros et petits) oiseaux fort nombreux et très gourmands (à tel point que celui qui a un ou deux pieds de vigne dans son jardin doit les recouvrir d’un filet sous peine de ne pas manger un seul grain. Idem pour les cerises qui disparaissent avant d’être consommables – par les humains - et tous les petits fruits). On n’ose imaginer les mesures qui pourraient être prises par la société pour effrayer les oiseaux et protéger 20 hectares de vignes dispersés en plusieurs endroits de l’île des lapins grignoteurs de souches.

Et on peut craindre non seulement la fermeture d’espaces naturels protégés mais aussi des tentatives de destruction de la faune sauvage essentiellement composées d'oiseaux gros et petits mais fort nombreux – dans le Midi il n’y a plus un oiseau vivant à proximité des vignes - mais qui comprend aussi les lapins qui, comme on le constate ici, rongent le pied des plantes arbustives et dévorent par-ci par-là des carottes mal protégées (il existe d’ailleurs des filets à lapins pour les potagers).

Et inutile de demander aux chasseurs la destruction de ces petits habitants aux longues oreilles et à la petite queue blanche qu’on voit si bien quand il s’enfuit.… la population est nombreuse et se reproduit bien vite !!! Cela fait partie aussi du décor et de la vie de l’île.

 

3 On peut également craindre l'impact des traitements évoqués dans le projet (soufre et cuivre), sur la santé des populations des hameaux sous le vent…

 

L’excellent article de Ouest-France (30 août) est d’ailleurs illustré de la photo de ce qui reste d’une vigne (entre la route de Bruté et Bordustard)

 

 

Une hypothèse ?

La culture peut être arrêtée : le peu de vin produit ici a toujours été considéré comme de piètre qualité (à moins de faire de ses défauts des qualités pour les bobos acheteurs).

…. A tel point que les plaisanteries favorites des restaurants Hoedicais – et Houatais consistaient à fabriquer des étiquettes de vin « local » qu’ils collaient sur leurs bouteilles…

Nous avions rapporté d’une visite à Hoedic vers 1960 – dans un petit Zodiac (il n’y en avait pas beaucoup sur Belle-Ile à l’époque sauf celui de Nénesse) une superbe étiquette « Le clos des Cardinaux » que nous avons conservée précieusement.

 

La bonne blague des années 1960 : les étiquettes sur les bouteilles de vin à Houat et Hoedic :

Le clos des cardinaux (étiquette en notre possession que nous avons rapportée d’Hoedic vers 1962)

 

Peut-être qu’ils arrivaient à faire avaler (!) la blague à quelques « porker pipiche »… et peut-être qu’il y en a encore qui y croient pour faire avaler aux Bellîlois, sous couvert d’histoire locale et de données pseudo-scientifiques que l’île peut devenir un magnifique vignoble.

 

Documents à consulter:

 

1 Dossier du demandeur (2017)

Cerfa

 

Etude paysagère

 

Evaluation des incidences Natura 2000

 

2 Avis de l’autorité environnementale  (qui demande une étude d’impact, laquelle serait en cours d’achèvement)

 

Sourire : Conte viticole

 

Le collectif de Port-Coter écrit au Préfet (lettre publiée en intégralité sur le site belleileentreprises.com)

Extrait :

« la création de cette exploitation sur le site envisagé est soumise à votre autorisation, par dérogation aux dispositions de la loi dite loi littoral et du code de l’urbanisme relatives à la protection des zones naturelles. »

…… nous vous demandons d’émettre un avis défavorable à la demande d’autorisation de créer une exploitation viticole sur cette partie de la Côte sauvage de Belle-Ile-en-Mer. »

 

Notre association soutient cette démarche.